L’inondation est un fait naturel qui peut survenir à n’importe quel moment et n’importe quel endroit de la planète. C’était le cas pour Paris lors de l’hiver en 1910 où la seine avait atteint un niveau de 8,62 mètres sur le pont d’Austerlitz. Cet incident était un record malgré le fait qu’une crue se passe en moyenne tous les cent ans.

Histoire

La première plus grande crue de la Seine s’était passée le 28 février 1658 où elle avait atteint un record de 8, 81 mètres de hauteur. Le 20 décembre 1657, l’hiver était de plus en plus intense avec une succession de neiges, de pluies jusqu’à mi-février. Ainsi, les glaces ont commencé à fondre le 18 février provoquant divers dégâts dans la majeure partie de la France. Parmi les plus touchés de la ville, il y a les grandes rues comme Saint-Denis, Saint-Martin et bien d’autres encore dont les conséquences étaient tout simplement énormes.

Selon les experts, une crue se passe normalement tous les cent ans d’où son nom de crue centennale. Par ailleurs, la crue suivante s’était déroulée plusieurs années après ou plus précisément en 1910. Son point d’impact était toujours la Seine à Paris, sauf que les conséquences n’étaient pas aussi lourdes par rapport à celles de 1658. Aussi, la crue de la Seine de 1910 est qualifiée comme étant le plus important débordement ayant affecté une très grande partie de la ville et des dommages primordiaux sur l’économie régionale.

Les causes de la crue de la Seine

Comme celle de 1658, la crue de la Seine a été provoquée par plusieurs éléments. Le premier étant les journées de pluies abondantes, la neige ainsi que le gel. Le débordement de plusieurs cours d’eau comme celle d’Yonne, de Loing et du grand Morin ont aussi été un facteur déterminant dans la provocation de la crue de la Seine. Soulignons le fait que la Seine occupe la majeure partie du nord-est de la France en passant par plusieurs villes avant de traverser Paris. Ainsi, toutes ces villes approvisionnent la seine en eau ce qui peut engendrer une crue !

Certes, plusieurs égouts avaient été construits lors du développement de la ville, mais ils ont été recouverts par la suite. Ainsi, la crue de la Seine est le résultat de l’addition de tous ces événements. En outre, la pluviométrie importante ainsi que l’accumulation de la neige et de la glace ajoutée à un réchauffement brutal ont boosté l’abondance d’eau de la Seine en plein centre de la ville. Ce genre de situation aboutit obligatoirement à une inondation abondante affectant une grande partie de la France et plus particulièrement aux villes longeant la Seine.

L’inondation de Paris

Lors du premier jour de la crue, c’est-à-dire, le 20 janvier 1910, la navigation sur la Seine à Paris a été interrompue à cause des montées d’eau qui empêchait le passage sous le pont. Le jour suivant, l’entreprise pour la production d’air comprimé a cessé son activité, ce qui a conduit à l’arrêt des ascenseurs ainsi que des horloges publiques. Le 23 janvier, la crue avait atteint son record et toucha la majeure partie de Paris et de ses entourages. Selon les statistiques, plus de 20 000 immeubles auraient été inondés dans les environs de Paris lors de cette crue.

Dans ce même contexte, elle n’épargne pas les villes en périphérie comme Gennevilliers qui avait été submergé des eaux d’égout suite à l’engloutissement des digues. Et l’incident devient de plus en plus grave pour la banlieue avec plus de 30 000 maisons détruites. À part les effets personnels, les cultures ont aussi reçu leurs parts d’inondation ce qui entraine des conséquences importantes sur l’économie du pays.

Les conséquences de la crue de la Seine

Pendant la crue de la Seine, plusieurs villes se sont retrouvées englouties par les eaux depuis le port jusqu’à la place Maubert. Ainsi, l’état économique du pays fut gravement touché en raison du blocage du transport qui dura aux abords d’une semaine. À part cela, les risques de maladies graves à cause des eaux sales provenant des égouts bouchés étaient omniprésents. En même temps, tous les ponts de la ville furent saccagés partiellement ou totalement, et c’était également le cas pour plusieurs maisons établies sur ces ponts qui avaient toutes été emportées par la crue.

Avec tout cela, une partie des lignes de métro avait dû être fermée pendant plus de deux mois. Par ailleurs, la crue avait agi en récidive puisque de nombreuses rues ont aussi été touchées par la suite. Avec le changement du niveau d’eau, de nombreuses villes comme Auteuil furent épargnées par la tempête par rapport à Bercy qui se trouve en hauteur. Dans tous les cas, l’activité économique de la France fut la plus endommagée lors de cette crue de la Seine en 1910. Que ce soit sur le plan économique ou bien matériel, les habitants ont beaucoup souffert lors de cet accident de la nature que l’on peut qualifier d’inévitable à l’époque.

Les sinistrés

D’emblée, le coût des dégâts avait atteint le 1,6 milliard d’euros lors de la crue de la Seine. Par contre, elle n’a pas fait de victime au niveau humain, ce qui ne fut pas le cas sur le plan matériel. En plus, il a fallu 35 jours pour que la Seine regagne son lit avec sa hauteur normale. Pendant ce temps, les villageois se retrouvaient sans eau potable, ni électricité, ni chauffage. Pour certaines personnes, il fallait entrer par la fenêtre du premier étage pour atteindre la maison en raison de la montée des eaux.

En référence à la date du 28 janvier 1910, plus de 22 000 caves et plusieurs ruelles avaient été infestés par une eau glaciale qui était, bien entendu, polluée par les détritus venant des égouts. Ainsi, l’état sanitaire était sujet à l’instabilité dans la ville avec l’apparition de différentes maladies comme la typhoïde ou encore la scarlatine dont souffraient plusieurs patients. Les librairies ont aussi reçu leurs mauvaises parts dans l’inondation avec une très lourde estimation des dégâts au niveau des stockages qui furent entièrement rasés. Les sinistrés ont quand même réussi à trouver abri dans le gymnase de la rue Saint-Lambert en attendant la fin de la tempête.